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Michel Baglin dans Texture (revue-texture.fr) :

Philippe Leuckx : « Ce long sillage du cœur »

Emprunté à une image de Supervielle, ce beau titre est celui d’un recueil de poèmes de formes très variées : très courts parfois et en vers libres, en prose d’autres fois. Mais toujours en quête d’une identité profonde, difficile à atteindre sans doute et métamorphosant l’auteur en « pèlerin de soi ». Ils usent de « l’étroit couloir des souvenirs » et Philippe Leuckx retrouve, dit-il, « la lucarne d’où je regardais enfant bleuir les jardins ». Ailleurs il précise : « On allait. Loin. En nous. » L’enfance est donc omniprésente dans ces pages qui tirent leur sève de la mémoire et des évocations du passé, ayant en quelque sorte retenu « l’humble leçon des malles et des greniers ».
Mais le « voyageur des pays intérieurs » est aussi un adulte qui pratique le vagabondage au présent et au gré des rues et des humeurs : « j’arpente les villes des parcs jusqu’aux faubourgs et j’ai les mains pleines d’herbes sauvages comme poèmes. Les rues parfois mènent et le cœur, méthodique, suit les signes ».
Voilà « d’intenses baguenaudes » qui ne sont pas sans rappeler les dérives d’un Hardellet entre la réalité et l’imaginaire, avec « le cœur un peu voilé ». Un cœur « plein de fenêtres » et de frémissements et qui se plait dans la mélancolie, dans « l’intime partition du jour qui fuit ». Une poésie douce qui aime la lumière du soir offerte sans ruse, et ne sait « rien de plus pur que le linge qui balance son ombre et sa solitude ».

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