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Philippe Mathy pour le Journal des poètes

 

(…) « une brassée de fleurs »

Des fleurs que nous retrouvons dans le beau titre qui est aussi la phrase initiale des neuf chants qui composent le livre Elle avait sur le sein des fleurs de mimosa. Un livre que l’on peut lire comme un récit onirique et intemporel animé par deux voix. Le récitant qui nous parle d’ « elle » et « elle » qui prend la parole ou murmure. Un récit, poétique avant tout, car on s’avance ici dans des méandres où rêve et réalité, vie et mort se conjuguent dans un univers de rivages marins. Julien Bosc avait une passion pour la mer. Son livre, La coupée, (éditions Potentille) est né d’un séjour sur un bateau. Ce n’est pas un hasard non plus s’il avait appelé Le phare du Cousseix la maison d’éditions qu’il avait fondée dans la Creuse. Pas étonnant donc qu’il emprunte dans ce livre un chemin de terre qui conduit à la mer.. Au début du récit, « elle » découvrit les lignes de trois horizons/La rencontre de deux mers/le bleu quasi blanc du plein midi/Le trafic insensé de gigantesques navires en partance. Est-elle le masque d’une femme, la parole poétique, le miroir du poète ? Peut-être tout cela à la fois, pour nous emmener sur cette frontière fragile où l’amour et la mort se rencontrent. Notre amour à nous deux, mon amour/Amour inhumé à qui je parle/Parle et tant dans ma tête défaite de tant de remords et de questions. Mais il y a la vigie du poème qui lui parle à travers les vents contraires : Vous avez sur le sein des fleurs de mimosa/Petites rondes douces jaunes volatiles et fragiles mais/allez sans crainte/tant les mots les porteront/Ni vent ni marée ni rien ne vous les raviront. Les mots, comme outils de rédemption, ce sont eux qui ouvrent les portes du mystère, chantent dans ce livre, même si les trois dernières lignes témoignent d’un constat amer : Elle compta que des derniers mots qu’il lui avait cédés ne lui en/restait plus même une dizaine//pour tout dévoiler du titre d’un poème. Souvent, j’ai pensé à la musique de Schubert en lisant ce livre, au quatuor La jeune fille et la mort.