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Cécile Guivarch dans Terre à ciel



En publiant ces poèmes choisis, traduits par Marie-Cécile Fauvin et Catherine Perrel, les éditions la tête à l’envers rendent un magnifique hommage à ce grand poète grec du XXe siècle, Georges Séféris, Prix Nobel en 1963. Poète important par la force et la beauté de l’écriture, il est témoin de son époque, marqué par les guerres mondiales et l’exil. L’écriture, encore influencée par la poésie du XIXe, marque un tournant dans la littérature grecque, introduisant la langue démotique dans sa poésie. Le lecteur est saisi par la douleur qui émane de ces textes : Cet homme va pleurant / nul ne sait dire pourquoi. Le lecteur est également saisi par la lumière que laissent entrevoir les mots de Séféris, once d’espoir : Encore un peu / et nous verrons les amandiers fleurir / les marbres briller au soleil / la mer ondoyer. La poésie de Séféris dit la douleur de l’exil, le retour au pays natal : Nous sommes rentrés brisés dans nos foyers / membres rompus, bouche écorchée par le goût de la rouille et du sel. L’homme blessé par (s)a propre terre évoque le déchirement par la contrainte de quitter sa maison, les siens et la détresse de retrouver un pays qui ne lui ressemble plus. Ainsi, en lisant Entre la vague et le vent, le lecteur n’oublie pas cette période de l’Histoire. Le lecteur a conscience que l’Histoire continue, ne s’interrompt jamais, exils et guerres sont toujours d’actualité.

La préface de Thanassis Hatzopoulos est efficace, permet de revenir sur le parcours du poète et la place occupée par celui-ci dans le monde de la poésie. Les peintures de Harris Xenos, aux teintes rouges et ocres, donnent un touche particulière à ce livre où l’évocation des guerres est omniprésente. Le lecteur remercie également les traductrices, Marie-Cécile Fauvin et Catherine Perrel, qui permettent à ce livre de passer les frontières.

Cécile Guivarch

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