Maison de poésie

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Bonne fête maman. Chaque année je dresse un autel à vos attraits, je cueille des fleurs odorantes que je dépose sous votre image, j’essuie délicatement le cadre et le verre qui la recouvre, vos yeux dans les miens, si ému de vous retrouver si belle, la poussière disparue.

Dans vos frisottis ébouriffés,

vos collections de fanfreluches, vos queues hennissantes,

vos couettes plantées à la verticale ou remontées en pétard de chignon,

dans vos colliers de perles de verre cliquetants, vos dessous dessus et l’inverse,

vous m’accrochiez le cœur en broche, en laisse et en brochettes, ma tendre fée du jeudi.

Ma grande prêtresse des araignées vertes,

Ma bourdonnante, ma frémissante, ma gesticulante, vous tissiez dans mes cheveux la toile des entrechats et des tournedos désarticulés : et c’était chaque jour une danse païenne où j’étais le bourdon affolé et vous le parfum enivrant des roses d’un autre temps.

Si vous posiez d’un geste flottant, d’un regard énamouré, d’une respiration retenue, mon ange aux ailes d’azur,

Si vous vous enfonciez dans vos coussins, dans vos imprimés, dans vos fourrures tièdes,

Si vous vous allongiez le sourire aux lèvres, au cœur et aux doigts de nacre, ma vénus alanguie,

Vos doigts s’offraient aux tissus qui s’ouvraient comme sable, duvet de ma peau étendue jusqu’à vous, nuque frissonnante, paupières baissées,

Pour tout retenir de la trace qui déjà s’évanouissait à mon corps défendant.

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