Maison de poésie

inscription à la newsletters

Me voici tel un roc
livré au ressac des mots
mais amarré au silence
des grandes profondeurs

 

Ou bien comme un arbre

malmené par l’orage

qui s’agrippe à la terre

de toutes ses racines

 

Bénies soyez-vous

paroles venues de la nuit

pour faire en moi naufrage

― vol d’oiseaux épuisés

d’avoir lutté contre le vent

 

Tout frémit ― s’agite ―

message

dont seule l’urgence m’éveille

 

Je suis là ― dans l’étonnement

du jour qui se lève

comme un enfant découvre

une prairie en fleurs

 

Viens ! Nous gravirons encore la colline

pour nous taire longuement

ou pour offrir au vent les fleurs du chemin

 

Nous regarderons l’église du village

émerger de son enclos d’arbres verts

Là-haut rien ne s’en va qui ne revienne

Te souviens-tu du passage des oies sauvages

quand l’été s’achève ?

 

Nous retrouverons le ciel immense

sur les champs de blé

d’autres nuages ― mais ce sont les mêmes

comme l’eau des rivières qui passe

sans changer

 

Il y aura aussi des aboiements de chien

sur la plaine

les cris des enfants qu’on appelle

cette fraîcheur soudaine de la lumière qui s’en va

 

Tu me diras :

« Elle est si loin l’heure de notre rencontre

mais comme il brûle encore le vieux soleil ! »

 

Je garderai ta main dans la mienne

pendant que les ombres s’allongent

pour atteindre la nuit

Copyright 2018

tous droits réservés