Maison de poésie

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« Quelque chose sans cesse vous quitte, rejoignant la terre

entre vos doigts.

Quelque chose sans cesse vous tire loin du sol.

 

De perte en perte, de mort en résurrection,

et jusqu’à la dernière qui se dérobera,

vous cherchez l’aile de la consolation.

 

Mais cela ne saurait apaiser votre peine,

même l’approfondit encore –

que la vie, la vie-même, et donc aussi l’inexorable mort

n’aient plus cours sur la planète humaine.

Qu’après vous, peut-être, plus rien ne soit

que déluge. »

 

« Retrouver la présence est le seul horizon du désir.

Vous marchez à pas lents dans les herbes blondies.

Chuchotement.

La sève remonte aux jambes avec la vigueur de l’enfance.

 

Le pollen des fleurs de pin poudre vos doigts et dépose sur l’eau des plaques jaunes.

Un couple de geais déchire la ramée d’éclairs bleus et de cris terribles.

Des rougeurs surgissent au bois des roses.

Les mots s’éteignent doucement.

Au corps baigné d’azur tout redevient naissance. »

 

 

« Ce qui mérite qu’on tende l’oreille : une coquille qui se fend au creux des brindilles, une graine qui explose sous la croûte amollie par la pluie, le froissement d’une aile, un retour. »

 

 

« Aimer encore, aimer quand-même,

quand bien même l’hiver dans les cheveux et le bleu envolé des champs de lin qu’un regard avait peints à sa couleur ; quand bien même l’impossibilité de se connaître.

 

Parmi les souches noircies, après la tempête, danser encore.

Avec qui, pour avoir vu sa propre fêlure, saura vous aimer sans définition, telle que vous êtes ; divisée, contraire, à la fois puissante et fragile, égoïste et fraternelle ; qui saura vous tenir la main, encore, dans les jours décillés et passé le vif du saisissement. »

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