Maison de poésie

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Non, ne laissez pas fermées

les portes de la nuit,

du vent, de l’éclair,

celle de l’inouï.

Qu’elles demeurent toujours ouvertes

les portes connues.

Et toutes, les inconnues,

celles qui donnent

sur les longs chemins

non tracés, dans l’air,

sur les routes qui cherchent

leur passage

avec une obscure volonté

et ne l’ont pas encore trouvé

aux points cardinaux.

Placez de hauts signaux,

merveilles, étoiles ;

que l’on voie très bien

que c’est ici, que tout

veut la recevoir.

Car elle peut venir.
Aujourd’hui ou demain, ou dans

mille ans, ou l’avant-dernier

jour du monde.

Et tout

doit être aussi simple

que la longue attente.


Je sais pourtant que c’est inutile.

Que c’est un jeu pour moi, cela,

de l’attendre ainsi

comme un souffle ou une brise,

craignant qu’elle ne trébuche.

Car, lorsqu’elle viendra

déchaînée, implacable,

pour qu’elle parvienne à moi,

tout, murailles, noms, temps,

se briserait

défait, transpercé

irrésistiblement

par le grand ouragan

de son amour, présence maintenant

Oui, au-delà des gens

je te cherche.

Non pas en ton nom, si on le prononce,

non pas en ton image, si on la peint.

Au-delà, au-delà, plus loin.


Au-delà de toi, je te cherche.

Non en ton miroir, ni en ton écriture,

ni en ton âme.

Au-delà, plus loin.


Plus loin aussi, au-delà

de moi je te cherche. Tu n’es pas

ce que je sens de toi.

Tu n’es pas

ce qui palpite en moi

avec mon sang dans mes veines,

sans être moi.

Au-delà, plus loin je te cherche.


Pour te trouver, cesser

de vivre en toi, et en moi,

et dans les autres.

Vivre à jamais au-delà de tout,

par delà toute chose

̶ pour te trouver ̶

comme si c’était mourirOui, au-delà des gens

je te cherche.

Non pas en ton nom, si on le prononce,

non pas en ton image, si on la peint.

Au-delà, au-delà, plus loin.

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