Maison de poésie

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Granpoisse est dans son avion, comme d’habitude. Très énervé, comme d’habitude, parce qu’en plus de son énervement habituel, il est en retard. Comme d’hab, d’accord, mais c’est quand même pas une raison pour ne pas être énervé ! Parce que comme d’habitude, Granpoisse sent qu’il va avoir des problèmes… Et comme d’habitude, il sent bien. Il sent qu’il y a un truc ! Ce n’est pas un défaut dans le bruit infernal de son monomoteur, non… c’est autre chose ! C’est… c’est… pour l’instant ce n’est rien du tout, mais quelque chose lui dit qu’une fois de plus il y a de la chute dans l’air. Il faut dire que – pas de pot pour Granpoisse – les chutes d’avion, c’est toujours sur lui que ça tombe. Et même… c’est toujours lui qui tombe ! Il faut dire aussi, l’aviation, de son temps, ce n’est pas encore très au point. C’est un peu trop le début, même ! Granpoisse de Saint Exaspéré en a parfois marre d’être le seul à se lancer !

Pour l’instant il grommelle, tout seul dans l’immensité du ciel, encapsulé dans son minuscule véhicule. Il vérifie son parachute. Vérification faite : il n’en a pas. Il serre la bride de son casque. Puis lève le nez de son manche à balai, et son nez levé se colle au cockpit. Par-dessus son nez, c’est champ libre pour la vue ! Du ciel ! Du ciel à l’infini, mais alors pas un chat ! Le regard perçant de l’aviateur troue la couche d'ozone, mais, rien ! Il ne voit rien !

Pas étonnant car c’est au-dessus que ça se passe ! Tout à coup ça secoue ! Quelque chose de très lourd vient d’atterrir sur le toit du fragile aéronef. Et pour confirmer qu'’l y a bien un problème, et que Granpoisse avait raison de s’inquiéter, voilà le zinc qui commence à descendre. Contrariant, tout ça, très contrariant…

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