Maison de poésie

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Les territoires suspendus

Nous y essayâmes le récit d’un échouage

En voix creuse de quelque psalmodie lointaine

Qu’ainsi le couvert des hêtres fît surplomb

Qu’il fît nos falaises

 

Et plus loin encore

L’indistincte rive des marais

D’où nous tirions cette fable d’un au-devant des terres

 

– À présent, je me rappelle

 

L’attente y gonflait d’un ferment cardinal

Quand du haut du tertre conquis aux distances

Enflait la raillerie

Jusqu’au point où se noua la chute

À l’aplomb

De l’arche

De la tour carrée

 

– À présent, je me rappelle

 

Oh territoires suspendus

Oh vertiges de l’imaginaire

Nos ciels ont disparu comme disparaîtra la Terre

Inconsidérément

À l’aplomb de soi

Au seuil d’autres futaies

La saison d’après

 

 

Vois où débute le silence

Et le lointain, vide de clochers

La neige y tresse des crénelures d’argent

Vois avant que la blancheur ne les dérase

Dans son injure d’infini

 

Il se dit qu’on y trouve des lichens – parfois

Qu’embrase le contact des vieilles souches

Et des mousses vierges

Parfois

 

Ces traces en reviennent, dans la lassitude des congères

Elles sont lourdes de foulées sans horizon

 

Peut-être est-ce ainsi que s’éprouve la présence

 

Te rappelles-tu les feux follets d’août

Que nous faisions naître dans le remous des marais ?

 

Mais nous sommes désormais à l’oubli

Nous sommes à la distance

Ceci est la neige, souviens-t’en

Nous la proclamerons

Jusqu’à la saison d’après

 

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